Seine & Danube célèbre la Roumanie au Salon du Livre
D'ordinaire, nous publions dans nos éditions de Seine&Danube des traductions inédites. Notre revue
est la vitrine de notre travail mené dans l'ombre... Jusqu'au jour où les textes ont la chance d'être publiés par un éditeur français.
Du vendredi 22 au lundi 25 mars, la Roumanie est à l'honneur au Salon du Livre. Nous avons la grande joie, nous, les traducteurs de roumain, d'accueillir à Paris les auteurs qui nous ont réjoui dans l'intimité de notre travail, quand nous étions encore, égoistement, les seuls à profiter de leurs textes.
Que pouvons-nous à présent vous suggérer de mieux que de faire connaissance avec les 27 écrivains invités?
Parmi eux figurent 16 romanciers, dont 2 sont des auteurs de la francophonie roumaine encore vivace, et ils sont suivis par leurs éditeurs français depuis plusieurs années. Marius Daniel Popescu (La Symphonie du Loup et Les couleurs de l'hirondelle) vit et écrit en français à Lausanne. Il est édité par José Corti. Dumitru Tsepeneag, le président de notre association de traducteurs de littérature roumaine est le romancier que l'on connaît. P.O.L. le suit depuis de longues années (Le Camion bulgare est son dernier roman en date).
Ecrivains dans leur langue et traduits en français, quelques autres romanciers déjà reconnus en France : Gabriela Adameşteanu, dont la fresque sociale et psychologique Une matinée perdue est rééditée tandis que la romancière signe un roman consacré au couple (Situation provisoire) ; Mircea Cărtărescu : la France est un des premiers pays (à concurrence avec la Suède qui a finit le cycle quelques mois avant nous: chapeau bas à notre consoeur Inger Johansson) à avoir déjà traduit les trois volumes de son chef d’œuvre qui engrange les prix à l’étranger (Orbitor, L’œil en feu et L’Aile tatouée) ; Norman Manea, Médicis Étranger en 2006 et dont le recueil La Cinquième impossibilité vient de sortir ; Dan Lungu (Je suis une vieille coco !), écrivain dont les lecteurs apprécient partout en Europe, et en France également, l’humour et l’empathie pour les petites gens… Il y a Florina Ilis dont La Croisade des enfants a reçu le prix de Courrier international et Eugen Uricaru dont un deuxième roman, La Soumission, paraît également ces jours-ci chez Noir sur blanc...
Ce coup de projecteur sur une littérature assez mal connue permet aussi de découvrir d'un seul coup 8 romanciers nouvellement traduits.
Varujan Vosganian (Le Livre des chuchotements) fait le portrait poignant de ses deux grand-pères arméniens tandis qu’Adina Rosetti (Deadline) dénonce l’ultra individualisme et la société du blog. Petru Cimpoeşu (Siméon l’Ascenseurite), Bogdan Suceava (Il venait du temps dièse) et Razvan Rădulescu (La Vie et les agissements d’Ilie Cazane) nous entraînent dans le tourbillon d’une société certes ancrée en Europe mais pleine de surprise. Lucian Dan Teodorovici et son marionnettiste (L’Histoire de Bruno Matei) évoquent le goulag roumain tandis que Savatie Baştovoi et son petit Sacha (Les Lapins ne meurent pas) détricotent la propagande soviétique....
La sélection contient aussi 4 essayistes de marque. Andrei Oişteanu (Les Images du Juif : cliqhés antisémites dans la culture roumaine. Une approche comparative), Andrei Pleşu (Actualité des anges), Gabriel Liiceanu (De la limite) et Lucian Boia dont Les pièges de l'histoire vient de parâitre aux Belles Lettres...
Le pays où Eugen Ionesco a commencé à écrire nous donne aujourd'hui encore de grands dramaturges. Matei Visniec est l'un d'eux (Monsieur K. liberé). Les femmes offrent quant à elle un discours véridique et frais: Alina Nelega (Amalia respire profondément) et Nicoleta Esinencu (Fuck you Eu.ro.pa!). Ces deux femmes ont un discours pas commode - mais comme cela fait du bien, d'être un peu bousculé!
La Roumanie n'est pas encore une terre de BD et encore moins de roman graphique. Nous y avons tout de même trouvé deux très jeunes auteurs. Ileana Surducan (Le Cirque - histoire d'un dompteur de chaise) travaille déja pour des maisons françaises, car c'est là qu'elle trouve où s'exprimer. Elle le fait en français, avec charme. Alex Tamba, quant à lui, commence son chemin. Il signe le dessin de Sidi Bouzid Kids tandis que ses albums - une exception dans le paysage éditorial de ce pays- attendent un éditeur français.
Enfin, il ne fallait pas oublier que la poésie est le poumon de la littérature roumaine : c'est par là qu'elle crée le monde et qu'elle respire. Doina Ioanid (La demoiselle de massepain) et Ana Blandiana (une oeuvre poétique très large et un recueil de nouvelles qui vient de sortir : Les Saisons) illustrent ce genre majeur en Roumanie.
Les lecteurs de notre revue observeront par eux-mêmes que bien évidemment la littérature roumaine ne se limite pas à 27 écrivains. Nous pourrions tous - cela ferait l'objet d'un beau défi sur les réseaux sociaux! - dresser une liste des écrivains que nous aimerions voir traduits en français.
Chacun d'entre eux mérite d'être connu véritablement, c'est-à-dire suivi: une vraie conversation se doit d'être entretenue. Nos deux cultures méritent cela. Les écrivains roumains souffrent presque tous de notre superficialité. Cela ne leur permet pas de s'ancrer dans le paysage de la littérature étrangère en France. Nous espérons un changement.
Mais pour l'instant, place à la joie de la découverte. Seine & Danube a le grand plaisir de vous offrir un bel extrait de l'écriture de chacun des auteurs. Notre revue est aujourd'hui le seul lieu offrant le programme intégral et clair de chacun des 27 auteurs ainsi que la couverture de leurs livres. Nous publierons dans les prochains jours leur programme de dédicaces.
Toute l'équipe des traducteurs de Seine & Danube vous souhaite d'excellentes rencontres avec les écrivains roumains d'aujourd'hui.
Laure Hinckel
Directrice de la publication
Pour retrouver les auteurs :
Le Pavillon roumain est en R78.
L'Agora du CNL et le Salon littéraire, sont juste à côté, en N84.
Le Stand de l'Institut Français est presque en face, en U70.
La Scène des auteurs est en Z82.
La Grande scène est en Z1.
La P'tite scène est en U10.
Né en
1958 à Craiova, dans une famille d’origine arménienne, Varujan Vosganian est un homme politique doublé d’un formidable conteur. Portant en lui les récits empreints de sagesse et de couleurs
des vieux Arméniens écoutés dans son enfance, il les transmet aux lecteurs français dans un premier roman bouleversant, Le Livre des chuchotements. Vibrant hommage à la figure des deux
grands-pères, Garabet et Sétrak, ce livre se lit comme on déguste de la confiture de roses, comme on boit du café : à l’ombre de l’abricotier, dans la cour de la maison familiale des Vosganian, à
Focşani. Le Livre des chuchotements est traduit dans plusieurs langues.
Le Livre des chuchotements, traduit par Laure Hinckel et Marily le Nir, éditions des Syrtes, 2013.
Retrouvez l'auteur au Salon du livre:
Le vendredi de 18.00h à 20.00h avec Eugen Uricaru et Savatie Bastovoi - Une mosaïque d'identités - Agora du CNL
Le "plus" de Seine & Danube, un extrait :
"Je suis surtout ce que je n’ai pas pu accomplir. De toutes les vies que je porte en moi telle une poignée de serpents noués par la queue, la plus vraie reste la vie imaginée. Je suis un homme qui, sur cette terre, a vécu indiciblement. Et j’ai d’autant moins vécu.
Mes parents sont en vie. Cela signifie que moi, je ne suis pas encore né, ou du moins pas totalement. Ils arrondissent encore un peu mes épaules osseuses. Ils versent encore un peu d’âme dans ma poitrine dont les contours changent comme les amphores des anciens Grecs prenaient la forme du vin qui épaississait entre leurs flancs. Ils lissent encore mon visage cuivré.
Parce que je ne suis pas complètement né, la mort est encore loin. Je suis si jeune que je pourrais l’aimer comme on aime une jolie femme."
Incipit du Livre des chuchotements
Né en 1956 dans le nord de la Roumanie, Matei Vişniec a ses racines en Roumanie et les ailes en France, selon sa propre
expression. Ses pièces aux titres coup de poing, Le Mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux, L’Histoire du
communisme racontée aux malades mentaux, Petit boulot pour vieux clown ou La
Femme comme champ de bataille parlent de guerre et d’Europe, de progrès et de liberté, de frontières et
d’indépendance intellectuelle. Auteur interdit de création dans son pays pendant des années, il demande asile politique à la France en 1987. Il choisit la langue française et se consacre à
l’écriture dramatique. Il est aujourd’hui journaliste à RFI et une trentaine de ses pièces écrites en français sont éditées. Il est l'un des auteurs les plus joués au Festival d'Avignon (off),
avec une quarantaine de créations. En Roumanie, depuis la chute du communisme, Matei Vişniec est devenu l'auteur dramatique vivant le plus joué. Les lecteurs français découvrent également en 2012
l’auteur de romans… écrits dans sa langue maternelle, le roumain. Syndrome de panique dans la Ville Lumière est consacré aux fantasmes… sur Paris.
Monsieur K. libéré, roman, traduit par Faustine Véga, éditions Non Lieu, 2013.
À table avec Marx, poèmes, Doucey éditions, 2013
Syndrome de panique dans la Ville lumière, roman, traduit par Nicolas Cavaillès, éditions Non Lieu, 2012.
Les détours Cioran ou Mansarde à Paris avec vue sur la mort, théâtre, postface Gilles Losseroy, éd. Lansman, 2007
Attention aux vieilles dames rongées par la solitude, théâtre, éd. Lansman, 2004.
Du pain plein les poches et autres pièces courtes, éd. Actes Sud – Papiers, 2004.
Petit boulot pour vieux clown, Suivi de : L'Histoire des ours, éd. Actes Sud – Papiers, 1998.
Retrouvez Matei Visniec au Salon du livre :
Vendredi de 14h à 16h Paris-Bucarest-Paris avec Marius Daniel Popescu et Dumitru Tsepeneag sur l'Agora du CNL
Samedi de 14h à 15h Quel avenir pour le théâtre post-moderne ?Modérateur : Matei Visniec. Avec : Lucia Verona, Emil Mladin, Horia Garbea sur le Pavillon roumain
DÉDICACES : samedi 23 mars de 16h à 17h
Samedi de 18h à 20h Rire de tout? Matei Visniec avec Petru Cimpoesu et Razvan Radulescu sur l'Agora du CNL
Dimanche de 10h à 10h30 Lecture de contes roumains par Matei Visniec sur la P'tite scène
Dimanche de 11h à 12h30 La vie à l'est, coté mur - écrire face à la censure ou en exil Modérateur : Matei Visniec; Norman Manea, Dumitru Tsepeneag, Eugen Uricaru, Alexandru calinescu sur le Pavillon roumain
Dimanche de 12h30 à 14h Fraîcheur et incandescence : la nouvelle vague du théâtre roumain. Modérateur George Banu. Participants: Nicoleta Esinencu, Alina Nelega, Valentin Nicolau, Matei Vişniec sur le Pavillon roumain
Dimanche de 16h à 17h30 Café-Poèmes Modérateur : Linda Maria Baros. Avec : Ioana Craciunescu, Sebastian Reichmann, Miron Kiropol, Ion Muresan, Nicolae Tone, Teodor Duna, Matei Visniec dans la salle Reed Expo
Le "plus" de Seine & Danube, un extrait :
"Par un bon matin Kosef J. fut libéré. D'abord, on entendit tinter les chaînes des deux cadenas qui verrouillaient l’ascenseur. Puis l'ouverture des portes au fond du corridor. Enfin, quelques injures et, aussitôt après, le grincement du chariot sur lequel on apportait les plateaux du petit-déjeuner. À l'instant précis où les deux vieux gardiens passaient devant la cellule de Kosef J. sans s’arrêter, celui-ci comprit que quelque chose d’étrange arrivait."
Monsieur K. libéré - Incipit
Né en 1946, Eugen Uricaru dirigea à Cluj, dans les années 1970, la revue « Echinox » dont l’activité littéraire apolitique
permit de réunir des centaines de contributions d’écrivains hongrois et allemands de Roumanie. Cette expérience qui dura plus de quarante ans demeure un repère dans l’histoire des lettres
roumaines du XXème siècle. Chargé d’affaires culturelles dans différents ministères, Eugen Uricaru est un romancier prolifique auteur de onze romans publiés entre 1977 et 2008. Ils
arrivent, les barbares ! (1981), traduit en 2009 chez Noir sur blanc, est un roman historique qui trace en filigrane un parallèle entre les horreurs de la Première Guerre mondiale et la
Roumanie communiste.
La soumission, traduit par Marily Le Nir, éd. Noir sur Blanc, 2013.
Ils arrivent, les barbares ! traduit par Marily Le Nir, éd. Noir sur Blanc, 2009.
Retrouvez Eugen Uricaru au Salon du livre:
Vendredi de 18h à 20h Une mosaïque d'identités avec Varujan Vosganian et Savatie Bastovoi sur l'Agora du CNL
Dimanche de 11h à 12h30 La vie à l’Est, cote Mur – Ecrire face à la censure ou en exil Modérateur : Matei Visniec; Norman Manea, Dumitru Tsepeneag, Eugen Uricaru, Alexandru calinescu sur le Pavillon roumain
Le "plus" de Seine & Danube, un extrait :
"Il n'y avait presque personne à l'enterrement. En fait, s'il n'avait pas été là avec quelques mendiants, les fossoyeurs, le prêtre, le sacristain, on aurait pu dire qu'il n'y avait personne. Petra Maier aurait été absolument seule. Elle était même plus seule qu'elle ne l'imaginait, car Neculai Cràciun avait déjà son billet de train dans sa poche. Il ne voulait pas faire venir une voiture de Timisoara, parce qu'il avait besoin d'un jour ou deux pour réfléchir et trouver une issue à l'imbroglio dans lequel il était empêtré."
Né à Bucarest en 1937, Dumitru Tsepeneag est l’un de ces écrivains dont le talent permet d’innover aussi bien dans
leur langue maternelle que dans la langue d’adoption, le français. Son singulier roman Le Mot sablier en apporta la preuve formelle. Il est, dans la Roumanie des années 1960 et 1970,
avec le poète Leonid Dimov, le chef de file de l’onirisme, le seul courant littéraire à s’opposer alors au réalisme socialiste. En 1975, pendant un séjour à Paris, il est déchu de sa nationalité
par Ceauşescu et contraint à l’exil. Dans les années 80, il se met à écrire directement en français. La chute du mur de Berlin le ramène à la langue maternelle, sans pour autant qu'il renonce à
sa langue d’adoption. Il fonde et dirige à Paris de célèbres revues comme les Cahiers de l’Est puis Seine et Danube. Dumitru Tsepeneag est également un grand traducteur. Dès les années 60, il
traduit en roumain Albert Béguin, Michel Deguy, André Malraux, Gérard de Nerval, Robert Pinget, Alain Robbe-Grillet, etc. Et plus récemment Maurice Blanchot, Alexandre Kojève et Jacques Derrida.
Dumitru Tsepeneag est édité depuis 1985 aux éditions P.O.L.
Le Camion bulgare, roman traduit par Nicolas Cavaillès, P.O.L, 2011.
La Belle Roumaine, P.O.L. 2006.
Attente, P.O.L. 2003.
Au pays du Maramures, P.O.L. 2001.
Pont des Arts, P.O.L.1998.
Hôtel Europa, P.O.L.1996.
Quinze poètes roumains (recueil), éd. Belin, 1990.
Pigeon vole, P.O.L.1989, sous le pseudonyme Ed Pastenague.
Roman de gare, P.O.L.1985.
Le Mot sablier, P.O.L.1984.
La Défense Alekhine, éditions Garnier, 1983.
Les Noces nécessaires, éditions Flammarion, 1977.
Arpièges, éd. Flammarion, 1973.
Exercices d’attente, éd. Flammarion, 1972.
Retrouvez Dumitru Tsepeneag au Salon du livre:
Vendredi de 14.00h à16.00h Paris-Bucarest-Paris avec Marius Daniel Popescu et Matei Visniec à l'Agora du CNL
Samedi de 16.30h à 17.30h Ecriture des frontières Dumitru Tsepeneag avec Alain Mabanckou et Vassilis Alexakis - animateur, Philippe Lefait sur la Scène des auteurs
Dimanche de 11.00h à 12.30h La vie à l'est, coté mur - écrire face à la censure ou en exil Modérateur : Matei Visniec; Norman Manea, Dumitru Tsepeneag, Eugen Uricaru, Alexandru Calinescu sur le Pavillon roumain
Le "plus" de Seine & Danube, un extrait :
"Je veux lui écrire, parce qu'il faut absolument que je m'adresse à quelqu'un, que je partage avec quelqu'un la manière relativement nouvelle dont j'envisage de composer mon roman ; c'est la structure qui m'intéresse le plus, dans un roman, et pour être franc, le reste me laisse assez indifférent - raconter une histoire, quand bien même elle serait captivante, passionnante, sensationnelle, je veux bien, mais ça me laisse froid... Le sujet ne m'intéresse pas plus comme lecteur, d'ailleurs, et je lis très rarement de la littérature, je veux dire des romans. Je préfère les nouvelles, plus courtes. Elle sait très bien tout ça, elle, inutile de le lui répéter, et puis elle serait tentée de me contredire - elle a l'esprit de contradiction! Non, je ne lui écris pas pour ça, d'autant plus qu'avec la distance, c'est plus dur de se disputer, autrement dit: de se contredire, de défendre chacun ses opinions comme deux intellectuels qui respectent leurs idées et qui les soutiendront jusque dans leurs derniers retranchements, sans qu'il n'y ait là rien d'équivoque. Surtout que je suis loin d'être sûr de réussir : à la convaincre, en aucun cas, mais je ne peux même pas jurer que je vais mener à bout ce projet encore assez vague dans ma tête : écrire un nouveau roman qui ne ressemblerait pas à ceux que j'ai déjà écrits..."
Le Camion bulgare - Incipit
Né en 1975 à Rădăuţi, Lucian Dan Teodorovici déborde d'énergie créative et littéraire et il est
déjà l’auteur de trois romans et d’autant de recueils de nouvelles. Il dirige la collection de littérature contemporaine Ego Proză qui a révélé aux Roumains l’existence de leur jeune littérature,
au tournant de l’an 2000. Il invite les lecteurs, dans son premier roman traduit en français, L’Histoire de Bruno Matei, à faire connaissance avec la marionnette Vasilacke, troublant alter ego de
son personnage principal. Écrivain à la plume tantôt ironique, burlesque ou pleine d’humour, Lucian Dan Teodorovici est aussi, dans ce roman, au plus près du réel. L’Histoire de Bruno
Matei est un grand roman sur la vie concentrationnaire, sur l'amnésie et sur la terrible expérience de la construction de l'Homme Nouveau dans l’époque communiste. Il s’organise autour de
trois personnages principaux merveilleusement campés…. Trois personnages, plus une marionnette. Lucian Dan Teodorovici est traduit dans plusieurs langues.
L’Histoire de Bruno Matei, traduit par Laure Hinckel, éditions Gaia, 2013.
Retrouver Lucian Dan Teodorovici au Salon du livre :
Samedi de 12.00h à 14.00h Dévoiler le goulag Lucian Dan Teodorovici et Gabriel Liiceanu au Salon littéraire du CNL
Samedi de 18.30h à 19.30h L'Histoire appartient-elle encore aux historiens ? Avec Javier CERCAS (Actes Sud), Joël CORNETTE (Belin), Ralph TOLEDANO (Grande ourse) Animée par Eduardo CASTILLO sur la Scène des auteurs
Le "plus de Seine & Danube, un extrait :
"La neige de la mi-mars, vue du pont, semblait unie et blanche, comme si elle couvrait encore tout, les rues, les allées boueuses, tapissant une ville dont les constructions paraissaient de loin si différentes de cet autre bâtiment gris où il avait accumulé quelques mois, presque un an de souvenirs – il n’en avait découvert l’aspect extérieur qu’au moment où il en était sorti, et avec quel étonnement. Il en était resté interdit un bon moment, avec Vasilacke inerte et ballant sur son bras droit."
Incipit de L'Histoire de Bruno Matei
Né en 1980, Alex Talamba (qui signe Tamba) est une
révélation du Festival d’Angoulême. Le dessin à la ligne forte et aux couleurs sombres, immédiatement reconnaissable, séduit l’auteur français qui travaille avec lui sur l’album Sidi Bouzid Kids.
L’univers graphique d’Alex Talamba, qui vient de la publicité, a également intéressé la maison roumaine Mandragora qui se lance avec lui dans le roman graphique. En Roumanie, ce genre n’avait
jusqu’à présent intéressé personne. Le jeune dessinateur a ainsi publié deux albums : Mila 23, sur la vie, dans le delta du Danube, d’un futur champion du monde de canoe-kayak.
Elabuga est un journal du goulag par un soldat allemand prisonnier de l’armée rouge. http://alextamba.blogspot.fr/
Sidi Bouzid kids, album, scénario Éric Borg, dessin Alex Talamba, Casterman, 2012.
Retrouvez Alex Tamba au Salon du Livre :
Vendredi de 17.00h à 18.00h Pif en Roumanie, un héros de l'âge d'or avec Jean-Pierre Dirick, Jacques Kamb et Ileana Surducan , animée par Didier Dutour sur le stand de l'Institut français
Dimanche de 10.00h à 11.00h La Roumanie coince la bulle: rencontre avec Ileana Surducan dans le Salon littéraire du CNL
Dimanche de 17.00h à 18.00h Rencontre autour de Sidi Bouzid Kids sur la P'tite Scène
Née en 1987, Ileana Surducan est la
benjamine des auteurs de notre sélection. À 20 ans à peine, Ileana Surducan eut l’occasion d’illustrer quelques albums jeunesse écrits par des auteurs français chez des éditeurs comme Caïman
(L’Ami interdit). Les éditions Makaka la repèrent lors d’un concours en ligne et éditent aujourd’hui son travail. Son album Le Cirque – Journal d’un dompteur de chaises
met en scène Manu, un homme rêvant d’être dompteur de chaises car il sait qu’elles sont vivantes et il connaît leur personnalité hors du commun. Mais dans une ville sous dictature qui glorifie
les sciences et la raison, son espoir semble vain. Au-delà des frontières de la cité, à l’intérieur de laquelle les habitants sont enfermés, se trouve Le Cirque, un univers mystérieux où tous les
songes sont permis… D’une grande beauté, ses planches composent avec délicatesse un monde poétique, tendre et chargé de sens. On peut retrouver Ileana Surducan sur son blog
http://ileanasurducan-fr.blogspot.fr/ et sur le site http://30joursdebd.com/
Le Cirque – Journal d’un dompteur de chaises, album, éditions Makaka, 2012.
Retrouvez Ileana Surducan au Salon du livre:
Vendredi de 10.00h à 11.00h Atelier illustration par Ileana Surducan sur le Pavillon roumain
Vendredi de 17.00h à 18.00h Pif en Roumanie, un héros de l'âge d'or avec Jean-Pierre Dirick, Jacques Kamb et Ileana Surducan, animée par Didier Dutour sur le stand de l'Institut français
Dimanche de 10.00h à 11.00h La Roumanie coince la bulle avec Alex Tamba dans le Salon littéraire du CNL
Né
en 1969, Bogdan Suceavă est un écrivain mathématicien. Il passe un doctorat à la Michigan State University en 2002 et il est aujourd'hui conférencier à la California State University de la ville
de Fullerton, dans l’État de Californie. Et tout cela en écrivant de la littérature. Un recueil de nouvelles en 1990, une intense activité dans la presse culturelle et quelques romans plus tard,
Bogdan Suceava voit son deuxième roman, Venu du temps dièse, traduit en français. Un héros nommé Vespasien Moïse, né avec la carte de Bucarest imprimée sur son torse et qui devient
gourou dit beaucoup sur les errances d’une société en recherche de repères. Son troisième roman, Miruna, une histoire est un conte pour adultes, une jolie traversée de l’imaginaire
collectif roumain. Quant à Vincent l’Immortel, c’est un thriller d’anticipation qui reflète nos préoccupations actuelles sur le climat, la surpopulation et les recherches sur la
mémoire.
Venu du temps dièse, traduit par Dominique Ilea, éditions Gingko, 2012.
Retrouvez Bogdan Suceavă au Salon du livre :
Vendredi de 11.00h à 12.00h La littérature roumaine contemporaine, reflet d'une société en crise? Modérateur Eugen Simion, avec Bogdan Teodorescu, Florina Ilis et Ioana Dragan sur le Pavillon roumain
Vendredi de 12.00h à 13.00h La Roumanie des anges Modérateur : Cristian Badilita avec Jean-François Colosimo, Andrei Plesu et Savatie Bastovoi sur le Pavillon roumain
Samedi de 14.00h à 16.00h Sortir du totalitarisme avec Dan Lungu et Adina Rosetti sur l'Agora du CNL
Le "plus" de Seine & Danube, un extrait :
"En fin de compte, ils [le Dr Arghir et le professeur Diaconescu] résolurent d’étudier l’un des motifs mythologiques fondamentaux du peuple roumain […]. Et […] ce serait là le remède insoupçonné contre la calvitie, puisque la syllabe ch associée aux syllabes au et ve, toutes trois remaniées selon une loi du décodage que les deux compères mirent presque trois ans à peaufiner, livrait le nom secret de la mandragore. Chauve, c’est-à-dire main de gloire. Une décoction de mandragore relevée d’hydroxyde de sodium, de cuir de bouc, de Coca-Cola et de beurre donnait des résultats spectaculaires, rendant à n’importe quel crâne lisse comme un genou une parure capillaire considérable."
pp.20-21
Née en 1979, Adina Rosetti fit d’abord des
études dont le but était de bien s’intégrer dans une Roumanie mondialisée, démocratique ou aspirant à l’être et c’est finalement vers sa vocation première, l’écriture, qu’elle s’est tournée.
Certes, il y a eu le passage par la presse (un épisode intéressant), mais ce qu’elle voulait, c’est écrire des romans. Avec Deadline, paru à Bucarest en 2010 et presque aussitôt traduit, c’est
chose faite. Pour la première fois dans la littérature roumaine, on évoque le travail qui tue. Son héroïne est trouvée morte chez elle d’avoir trop travaillé, trop esseulée, dans une société
ultracapitaliste et américanisée. Elle vivait entre son chat et son ordinateur. Il y a dans ce roman un deuxième héros, un SDF artiste, un génie de l’art pop qui a la vision du fantôme de la
jeune femme morte...
Deadline, traduit par Fanny Chartres, éd. Mercure de France, 2013.
Retrouvez Adina Rosetti au Salon du livre :
Samedi de 14.00h à 16.00h Sortir du totalitarisme avec Dan Lungu et Bogdan Suceava sur l'Agora du CNL
Samedi de 16.00h à 17.00h De la presse à la litterature Modérateur : Mathieu Garrigou Lagrange ; avec Daniela Zeca-Buzura, Stelian Tanase, Ioana Dragan et Nicolae Breban sur le Pavillon roumain
Le "plus" de Seine & Danube, un extrait :
"Le lundi matin, les journaux s'étaient empressés de faire leurs gros titres sur cette mort mystérieuse : Miruna Tomescu avait été tuée par les dossiers, les nuits prolongées au bureau, l'absence de week ends où elle aurait pu sortir se promener dans les parcs avec son amoureux ou prendre un café avec des amies, les clients qui ne s'arrêtaient jamais, les deadlines qui lui tombaient dessus avec la régularité d'une horloge incassable."
p.50
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1
L'Association des traducteurs de littérature roumaine (loi 1901) a été fondée à Paris en décembre 2006.
Son objet est de favoriser la diffusion de la littérature roumaine en langue française par tout moyen. Son siège social est situé à l'Institut Culturel Roumain de Paris.
L'ATLR a organisé en avril 2008 à Paris les Premières rencontres internationales de
traducteurs de littérature roumaine. Ces deux journées d'ateliers ont réuni 17 traducteurs littéraires de 18 pays.
La revue Seine&Danube, nouvelle série, a vu le jour en janvier 2010. Deux numéros ont paru sous la houlette de Nicolas Cavaillès, son premier rédacteur en chef.
Seine&Danube est le résultat du travail de tous les membres de l'association.
Président : Dumitru Tsepeneag
Secrétaire : Laure Hinckel
Trésorière: Mirella Patureau
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